Cri de coeur pour le Nord-Mali

Images: Remise de dons à Sevaré #Mali

Le Haut Conseil Islamique emboîte les pas du Collectif Cri de Cœur !

Après la réussite de la première caravane humanitaire du collectif « Cri de Cœur » ouvrant un couloir humanitaire pour les régions du nord, le deuxième convoi vient de rentrer le samedi 19 mai à Bamako après avoir conduit des vivres et médicaments. Il était constitué par des membres du collectif « CRI DE CŒUR » pour le Nord Mali, le COREN, tous placés sous l’égide du Haut Conseil Islamique. La joie était totale ce 14 mai 2012 sur le terrain Africa de Gao pour réceptionner les vivres et les médicaments essentiels. Étaient présents, les responsables de la société civile et les chefs religieux de la Cité des Askia.


Rappelons que du 13 au 18 avril 2012, le collectif cri de cœur a ouvert le premier corridor humanitaire pour le nord Mali afin d’approvisionner les régions du nord en denrées alimentaires de première nécessité et médicaments essentiels. Ce premier convoi de caravane humanitaire à l’endroit des régions de Gao et Tombouctou était composé de lait, du sucre, des cartons d’ARV, des lots de matériels médicaux, des lots de médicament, des cartons d’aliments nutritionnels pour enfants et de vivres. Après le succès de cette première caravane, la deuxième a quitté Bamako le 11 mai dernier, cette fois ci sous l’égide du Haut Conseil Islamique du Mali. La distance Bamako -Gao a été longue même très longue. Il a fallu trois jours de voyage pour acheminer les 180 tonnes de vivres, (80 tonnes pour Gao, 60 tonnes pour Tombouctou et 40 tonnes pour Kidal) du matériel médical et des médicaments. Le collectif a mobilisé lui seul plus de six médecins de spécialités différentes.


Après la remise officielle des vivres aux notables de la cité des Askia le mardi 15 mai 2012, la délégation nationale a procédé à la remise des médicaments et les matériels médicaux s’est déroulée à l’hôpital de Gao. Là, le Président de l’Action Humanitaire de GAO, Dr Moulaye DJITEYE a exprimé sa profonde gratitude à l’endroit de toutes les associations qui ont contribué à la réussite de cette caravane qui sont entre autres, le Haut Conseil Islamique du Mali, le collectif « CRI DE CŒUR » pour le Nord Mali, l’ONG GRAIP, l’OMS, l’association des femmes juristes du Mali.



Le Dr Moulaye DJITTEYE a fait un bref résumé des activités réalisées par Action Humanitaire de Gao : « De la date du 12 Avril au 10 MAI 2012, nous avons reçu :
 33 cas d’accident de la voie publique au service des urgences, 25 cas de blessures par arme à feu, 129 enfants souffrant de malnutrition ont été prise en charge dont 86
modérés et 43 sévères. Nous avons effectué  280 CPN, 94 accouchements, 25 césariennes, 1 hernie étranglée,  3 péritonites, 2 amputations, 2 hydrocèles et 2142 consultations.
Une investigation de cas suspects de rougeole à N’tillit est en cours avec l’appui de MSF-Belgique des prélèvements sont en étude. Nous avons réalisé des messages audio qui seront  diffusés pour la prévention contre la rougeole et le choléra ».


Le président de l’Action Humanitaire Gao a également évoqué les difficultés majeures auxquelles ils sont confrontées. En ce qui concerne l’aspect sécuritaire, le Dr DJITTEYE dira que l’insécurité actuelle limite leur champ d’action surtout pour des besoins de vaccination ou de référence/évacuation, la non disponibilité de certains examens complémentaires soit par manque de matériels (TP, TCK, Crachat BAAR, taux d’Hb) soit par rupture de réactifs de laboratoire (Toxo,ASLO, tx d’Hb, Acide urique, test de confirmation du VIH…..), la non disponibilité de certains intrants au niveau de l’imagerie médicale, et l’insuffisance d’appareil d’échographie car l’hôpital n’en dispose qu’un seul. Avant de terminer, le président de l’action Humanitaire de Gao a lancé un appel à tous les partenaires disponibles car beaucoup reste encore à faire.

Boubèye MAIGA

Commission communication Collectif Cri de Coeur.

En direct de Gao… Remise des vivres aux notables de la ville.www.facebook.com/cridecoeurmali

En direct de Gao… Remise des vivres aux notables de la ville.

www.facebook.com/cridecoeurmali

Interview par Journaldumali.com de Tidiane Guindo : Président commission Mobilisation des fonds

Depuis l’occupation du nord du Mali les volontaires du collectif Cri de cœur se démènent pour aider les populations. Ils organisent actuellement un deuxième convoi humanitaire. Départ prévu le 4 mai.



Journaldumali.com : Comment est né le collectif Cri de cœur ? 

De façon spontanée. Dès les attaques de Gao et Tombouctou, un groupe de jeunes pour la plupart originaires du nord du Mali, s’est rassemblé pour répondre aux demandes d’aide de nos parents et amis. Nous sommes tous des volontaires, la plupart d’entre nous n’ont jamais été membres d’une association. D’habitude, dans ce genre de situation l’aide humanitaire intervient très rapidement, au bout de 48h. Mais cette fois les populations sont restées plus de deux semaines, abandonnées à elles-mêmes.

D’où vient le nom du collectif ? 

Il vient des SMS que nous recevions de nos parents. Ils nous écrivaient : « Ecoutez nos cris et venez nous en aide ».

  • « Assez de discours » 


De quels soutiens bénéficiez-vous ? 

Nous recevons l’appui de tous ceux qui veulent faire quelque chose. Le collectif rassemble des médecins, des journalistes, des opérateurs économiques. Notre message est un message d’action : « Assez de discours, les gens nous attendent et on besoin de nous ». Les gens nous ont écoutés et nous ont apporté leur soutien. Chacun a mis en marche son propre réseau et nous sommes arrivés à mettre en place notre corridor. Personne ne nous finance, nous recevons des dons. La direction nationale de la santé, la direction de la pharmacie et du médicament, l’ordre des pharmaciens, l’ordre des médecins. Ce sont eux qui nous ont fait confiance et qui nous ont fourni les produits que nous avions demandé.

Quelles actions avaient vous pu mener jusqu’à présent ? 

Nous avons d’abord fait une marche pour attirer l’attention de l’opinion sur le drame qui se déroule au Nord. Suite à cela, nous avons fait un sit-in à la Tour de l’Afrique jusqu’au départ  du premier convoi humanitaire vers les zones en difficulté, le 13 avril. Nous avons collecté  essentiellement des médicaments. Quatorze personnes les ont acheminés à Gao et 4 autres à Tombouctou.

Quelle situation y ont-ils trouvé ? 

Sur place, c’était le chaos, la désolation. Il n’y avait plus aucune structure de soutien aux populations. A Gao, nous nous sommes appuyés sur les bonnes volontés qui sont restées sur place, essentiellement des médecins. Ils ont réussi à récupérer une partie du matériel dérobé lors de l’attaque. Ils étaient soulagés de nous voir arriver avec des médicaments et du matériel. Ils ont pu venir en aide à de nombreuses personnes, pour la plupart des femmes enceintes qui avaient besoin d’une césarienne.

Vous n’avez rencontré aucun problème de sécurité ? 

Nous avions pris toutes les dispositions. De toute façon le transport interurbain est assuré. Nous avions des contacts avec la société civile et les quelques représentants de l’administration restés sur place.

  • « Nous nous préparons à repartir le 4 mai » 


Quelle est la prochaine étape ? 

Quand on a fait une réunion au retour du premier convoi, les volontaires ont déclaré qu’il fallait retourner sur place dès le lendemain. Ils ont été très touchés par la situation et par les appels des populations. Nous avons alors remis en branle le même réseau et nous nous préparons à repartir le vendredi 4 mai. Nous allons mettre en place un roulement des médecins qui vont être sur place. Il y a des risques d’épidémies, des gens qui sont malades de tuberculose, de Sida, qui ont besoin d’assistance. 

La direction nationale de la santé se charge de la partie médicaments. Cela se chiffre en dizaines de millions de FCFA. Des partenaires nous ont offert des véhicules pour le corridor. Il reste à organiser la logistique sur place. Nous devons prendre en charge le logement, la nourriture et les déplacements vers les centres de santé des villes voisines. Cela coutera environ 6 millions.

  • « Un SMS pour soutenir le collectif » 


Comment soutenir votre action ? 

Le plus simple aujourd’hui c’est le mécanisme de levée de fonds par SMS. Vous pouvez envoyez autant de fois que vous le pouvez MALI au 37 373 pour Orange et 35 373 pour Malitel. Le message coûte 300 francs. Tout est reversé au collectif. De nombreuses collectes s’organisent par ailleurs au nom des populations du Nord. Nous voulons dire à leurs initiateurs que nous sommes des relais et qu’ils peuvent passer par nous pour faire parvenir ces fonds à ceux qui en ont vraiment besoin.

By JournalduMali.com

Campagne SMS internationale pour aider les populations au nord du Mali.

Campagne SMS internationale pour aider les populations au nord du Mali.

Images: Arrivée des dons à Tombouctou

Arrivée des dons à Tombouctou (1)

Arrivée des dons à Tombouctou (2)


Arrivée des dons à Tombouctou (3)


Arrivée des dons à Tombouctou (4)


Images: Arrivée des dons à Gao

Arrivée des dons à Gao (1)

Arrivée des dons à Gao (2)

Arrivée des dons à Gao (3)

Arrivée à l’hôpital de  Gao (1)

Arrivée à l’hôpital de  Gao (2)

Arrivée à l’hôpital de  Gao (3)


Dr CISSE membre du collectif Cri de cœur parle de nos œuvres et explique comment les autres associations pourraient nous aider.

Arrivé de la caravane humanitaire de retour de Gao.

Arrivé de la caravane humanitaire de retour de Gao.